Crème solaire oblige lors d'une routine anti-âge ?

Les UVA et les UVB proviennent des rayonnements solaires. Nous y sommes donc soumis lors d’une exposition solaire, mais pas seulement. Les UV traversent les nuages, ils sont réfléchis par l’eau, le sable, l’herbe ainsi que la neige...

L’intensité du rayonnement varie selon plusieurs paramètres : plus la saison se rapproche de l’été, plus nous nous trouvons près de l’Équateur et en altitude, plus le rayonnement solaire sera intense. De plus, les vitres bloquent les UVB mais pas les UVA… Cela signifie que vous pouvez tout de même bronzer (très légèrement) et attraper des coups de soleil derrière une vitre (même si les risques sont bien moindres).


Certaines substances amplifient les effets du soleil :

  • Le fenouil, le géranium, le citron ou la fougère ;

  • Les parfums (ceux contenant de la bergamote, par exemple) ;

  • Certains médicaments photosensibilisants ;

  • Des maladies spécifiques comme le Xeroderma Pigmentosum (maladie génétique rare qui se présente sous la forme d’une réaction excessive au rayonnement UV) majorent également les effets du soleil et requièrent une protection spécifique.

Nous sommes inégaux face aux UV

Face aux effets du soleil sur notre peau, nous ne sommes pas égaux. Selon notre phototype (classement correspondant à différents types de peau), nos réactions à l’exposition solaire seront différentes.

Au début de notre vie, nous disposons tous d’un capital solaire qui diminue en fonction de comportement face au soleil. À chaque exposition, nous consommons une partie de la capacité à réparer les dégâts du soleil. À un moment donné, cette réserve s’épuise et les problèmes apparaissent.


Les phototypes de peau



Phototype 1 - Peau très claire voire blanche ; Cheveux blonds ou roux ; Yeux bleus ou verts ; Tâches de rousseur qui apparaissent rapidement après l’exposition ; Peau qui brûle très facilement et ne bronze jamais.

Phototype 2 - Peau très claire ; Cheveux blonds ou châtain clair ; Tâches de rousseur qui peuvent apparaître au soleil ; Peau qui brûle facilement et bronze un peu.

Phototype 3 - Peau modérément claire ; Cheveux blonds ou châtains ; Pas ou peu de taches de rousseur ; Peau qui brûle modérément et bronze progressivement.

Phototype 4 - Peau mate ; Cheveux châtains ou bruns ; Aucune tache de rousseur ; Peau qui brûle à peine et bronze bien.

Phototype 5 - Peau brune foncée ; Cheveux et yeux noirs ; Peau qui brûle rarement et bronze beaucoup.

Phototype 6 - Peau noire ; Cheveux et yeux noirs ; Peau qui ne brûle pas.


Comment se protéger efficacement du soleil ?

Certes, le soleil a des effets bénéfiques (pour le psychisme, pour la synthèse de la vitamine D...). Il n’est donc pas souhaitable de se priver de ses bienfaits. En revanche, il convient lors d’une routine anti-âge, de prendre certaines précautions afin de profiter du soleil tout en se protégeant au mieux des UV.



Une crème solaire est vraiment nécessaire lors d’une routine anti-âge ?

Non si vous n’employez pas d’actifs cosmétiques antioxydants comme la vitamine C, les peptides, ou niacinamides (ils vont s’oxyder au contact des UV = contre productif), et/ou pouvant causer une irritation de la peau au contact des UV (rétinol, il est photosensibilisant).

Oui si vous utilisez l’ensemble de ces actifs. La crème solaire est nécessaire.


Et petit rappel : les UVA correspondent à une longueur d’ondes de 400 à 315 nm, les UVB à une longueur d’ondes de 315 à 280 nm.


  • Les UVA pénètrent plus profondément dans le derme, ils sont principalement responsables des taches pigmentaires, du vieillissement de la peau et des rides. "Ils peuvent également favoriser l’apparition de cancers cutanés". N’oubliez pas, les UVA passent à travers les nuages, les vitres de votre voiture, de votre bureau, de votre maison…

  • Pour les UVB, ceux-ci pénètrent moins profondément mais sont tout de même responsables des coups de soleil, des brûlures, des cloques et de la majorité des cancers de la peau. Vous allez à la plage = crème solaire oblige !


Quelle crème solaire choisir ?

Un produit solaire est constitué de filtres qui permettent aux rayons du soleil de ne pas pénétrer dans la peau. La différence entre une crème solaire minérale et chimique n'est pas au niveau de la protection solaire qu'elle apporte, mais au niveau de sa composition, et des effets qu'elle peut avoir sur le corps et l'environnement.



Qu'est-ce qu'un écran solaire minéral ?

Les filtres minéraux utilisés dans les crèmes solaires sont constitués de particules pigmentaires à base de dioxyde de zinc ou de dioxyde de titane. Ils sont capables de réfléchir les UVs et donc de les empêcher de pénétrer la peau.

Concrètement, les filtres minéraux se déposent sur la peau sans pénétrer l'épiderme. Ils font office d'écran et réfléchissent les rayons UV.


Qu'est-ce qu'une crème solaire chimique ?

Les filtres chimiques sont des composés chimiques organiques qui protègent la peau des rayons ultra-violets en absorbant l’énergie de ces rayons UV à la place de la peau.


Et les crèmes solaires mixtes ?

Pour obtenir une crème solaire qui protège à la fois des UVA et des UVB et qui soit facile à appliquer et agréable tout au long de la journée, il est parfois judicieux d’utiliser des filtres chimiques et des filtres minéraux.


Le problème des crèmes solaires chimiques ou mixtes, c’est qu’elles sont toxiques pour l’environnement.

La toxicité des crèmes solaires classiques pour l'environnement a été démontrée par plusieurs études scientifiques ces dernières années. Issus de la pétrochimie, les filtres UV ont en particulier un effet délétère et agressif sur les coraux et sont responsables de leur blanchissement. La Faculté des Sciences de l'Université Polytechnique des Marches en Italie indique qu'environ 10% des coraux mondiaux seraient impactés directement par les filtres anti-UV.


Impact des crèmes solaires sur les coraux

Souvent focalisé sur l'indice de protection, le consommateur oublie souvent de lire la liste des ingrédients de la crème solaire, quand celle-ci est compréhensible. Sur le banc des accusés on retrouve des composés comme le parabène, le silicone, l'oxybenzone qui sont des perturbateurs endocriniens supposés et reprotoxiques sur la faune marine. Mais aussi l'octocrylène, dont la toxicité sur les coraux a été mis en évidence par une équipe de chercheurs de l'Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer dans une étude parue en 2018 dans la revue Analytical Chemistry.

Après Hawaï, qui a adopté en mai 2018 une loi visant à interdire la vente de certaines crèmes solaires toxiques, Palaos, un archipel du Pacifique, vient de faire de même pour protéger son écosystème.



La menace des nanoparticules sur la santé

Les crèmes solaires biologiques contiennent des Filtres UV minéraux comme le dioxyde de titane et le dioxyde de zinc que l'on retrouve à l'état naturel dans le sable. Cependant, ces deux composés sont souvent présents sous forme nanoparticulaire dans les cosmétiques. Ces dernières années, les nanoparticules se sont introduites progressivement dans nos cosmétiques sans évaluation de leur potentielle dangerosité.


Quasi indétectables en raison de leur taille (de l'ordre du nanomètre : 10-9), les nanoparticules ont la faculté de franchir toutes les barrières biologiques.


Aux Pays-Bas, l'université de Wageningen a démontré un lien de cause à effet entre la présence de nanoparticules et des perturbations dans la reproduction des moules. Sous forme micrométrique, les poussières de dioxyde de titane sont source d'irritations oculaires et d'irritations mécaniques des voies respiratoires. Sous forme nanométrique, le TiO2 ne semble pas allergène sur la couche supérieure de la peau. Cependant, plusieurs études concordent à dire que l'application de crèmes solaires contenant du dioxyde de titane est inoffensive sur peau saine, mais beaucoup moins sur des peaux lésées ou des sujets présentant une maladie cutanée (Yoshioka et al., 2017). Les experts mettent en garde principalement contre l'inhalation des nanoparticules contenues dans les sprays et aérosols, car leur taille leur permet de pénétrer très profondément dans le système respiratoire et de passer dans le sang via les alvéoles pulmonaires. Le dioxyde de titane est classé par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) dans le groupe des substances "cancérogènes possibles chez l'Homme (2B)" depuis 2006. Capables de franchir chez l'homme la barrière hémato-encéphalique, les nanoparticules sont hautement suspectées de provoquer des inflammations et lésions pré-cancéreuses.


Les crèmes solaires certifiées « Bio »

La mention « nano » est obligatoire sur tous les produits cosmétiques qui en contiennent or, l'association UFC Que Choisir a démontré que cette obligation n'était presque jamais respectée. Dans le cas des cosmétiques certifiés bio, l'utilisation des nanoparticules est réglementée. Elles sont interdites en dessous d'une certaine taille (100 nanomètres). Une crème solaire « bio » ne vous garantit donc pas l'absence de nanoparticules.

Pour un impact écologique significatif, d'autres paramètres doivent être pris en considération. Les matériaux utilisés pour la fabrication des tubes de crèmes solaires comptent. Privilégier les tubes et crèmes biodégradables ou recyclables est bien entendu tout aussi importante pour éviter de contribuer à la pollution des plages et océans.


Cependant, les crèmes solaires « bio » atteignent difficilement l'efficacité d'une crème solaire classique. Les filtres UV chimiques restent à ce-jour les meilleurs protecteurs contre les UVA et UVB. Les filtres minéraux contenus dans les crèmes solaires « bio » peinent à respecter l'indice de protection mentionné sur l'emballage. Elles doivent en général être appliquées plus souvent et en couche généreuse sur la peau pour une protection comparable à celle de leurs homologues chimiques. Minimale.


Les textiles anti-UV

Face à la toxicité des filtres UV chimiques et le manque d'efficacité des filtres UV naturels, les textiles anti-UV ont le vent en poupe depuis quelques temps et pourraient bien présenter une vraie alternative aux crèmes solaires et à tous les désagréments qui en découlent pour la santé et l'environnement.


Les recommandations sur le port du T-shirt et du chapeau sur la plage pour les enfants durant les vacances d'été ne protège pas pleinement contre les rayons du soleil. Les textiles traditionnels, en fibres naturelles, ne sont pas conçus pour faire barrage aux UV. Ils constituent une protection par défaut qui atténue leur passage mais ne représentent en aucun cas un écran total.


Des vêtements de protection fabriqués avec des tissus contenant des filtres UV sont commercialisés et présentent l'avantage d'être efficace secs comme mouillés. Principalement fabriqués en polyester ou élasthanne, ces fibres synthétiques contiennent des filtres UV naturels comme le dioxyde de titane qui réfléchit les rayons.


Là encore, Philippe Lebaron, enseignant-chercheur au Laboratoire de Biodiversité et Biotechnologies Microbiennes, nous met en garde contre le fait que de l'oxybenzone est parfois ajouté à la composition des vêtements. Un procédé difficile à repérer pour le consommateur, car rarement indiqué sur l'étiquette.


Enfin, pour un achat éclairé, il est de mise de vérifier que les textiles anti-UV respectent certaines normes. Parmi elles, citons les normes UV-Standar 801, qui détermine la résistance et la qualité des anti-UV ou encore UPF 50+ qui garantit une protection anti UV maximale (98 % des UV stoppés).

Les vêtements anti-UV semblent efficaces et compatibles avec la préservation de l'environnement mais ne sont pas au goût de tous. Bikini et short de bain ont encore de beaux jours devant eux.



L'application Clean Beauty pour choisir votre crème ? Avant d’acheter un produit, et pour vous aider à analyser les ingrédients, je vous conseille de télécharger sur votre téléphone l’application « Clean Beauty », il suffit de prendre en photo la composition du produit, et l’application vous indique si celui-ci contient des perturbateurs endocriniens, nanoparticules...


Et ne vous fiez pas aux vendeurs, vérifier par vous-même avec l’application !



Le compromis ?

L’idéal est de bien-sûr choisir une crème 100% minéral comme avec la gamme des laboratoires biarritz.fr, ou de la marque Acorelle https://www.acorelle.fr/70-solaire


Personnellement, j’alterne selon les occasions entre crèmes chimiques et crèmes minérales. L’été je porte des vêtements anti-uv pour me baigner, et je vais me baigner tôt le matin. Pour la crème chimique, j’utilise celle de Fillorga SPF 50, puis pour la minérale, j’utilise celle d’Acorelle SPF 50 Teintée (pour éviter le film blanc sur la peau).


Sincèrement, de grands progrès dans la recherche des filtres solaires restent à faire… En attendant je vous conseille de lire attentivement la composition des crèmes. A bon entendeur.